Charles BERNET et Pierre RÉZEAU, C'est comme les cheveux d'Éléonore - Expressions du français quotidien, Balland, Paris, octobre 2010 (945 pages).
J'ai toujours aimé les dictionnaires. C'est du voyage à peu de frais, pas besoin de vous déshabiller ni de vous faire palper à l'aéroport, pas de danger d'attraper quelque tourista et aucun risque de mouvement social vous laissant valise à la main à la porte de votre hôtel.
J'ai déjà commencé à me perdre dans celui-ci, dont la lecture est à la fois instructive et roborative. Un regret, toutefois : c'est très hexagonal. Invitation est donc lancée à quelque retraité d'ici pour nous offrir d'ici peu un Prendre son gaz égal ou autre Péter sa coche. Un reproche, l'index n'est pas très lisible : il vous sera impossible de trouver l'expression à l'origine du titre sauf, comme moi, par hasard, sous l'entrée Encore comme « variante développée » de l'expression Quand (il) n'y en a plus, (il) y en a encore : C'est comme les cheveux d'Éléonore, quand il n'y en a plus, il y en a encore.
lundi 29 novembre 2010
vendredi 26 novembre 2010
Une saison avec Bernard Frank -- portrait
Martine de RABAUDY, Une saison avec Bernard Frank -- portrait, Flammarion, Paris, avril 2101 (141 pages).
En exergue de ce bref portrait de Bernard FRANK, disparu en novembre 2006, et dont j'ai récemment lu Solde, en attendant de poursuivre avec les divers recueils de ses chroniques, cette citation de Vladimir NABOKOV :
« Ce qu'il y a de meilleur dans la biographie d'un auteur, ce n'est pas le récit de ses aventures mais l'histoire de son style. »
FRANK, c'était sans conteste un style. C'est un peu bizarre de traiter d'un livre sur un auteur que peu de gens connaissent, dont l'œuvre est constituée principalement de chroniques (L'Express, Le Matin, Le Monde, Le Nouvel Observateur), outre quelques romans et essais, d'ailleurs difficiles à trouver, même en bibliothèque. Pour une fois, il n'est pas question de PROUST, se réjouiront tels de mes amis, qui me sont très chers (on le sait, l'amitié n'a pas de prix), membres du très large club des lecteurs « qui ont commencé, mais qui n'arrivent pas à poursuivre, c'est de la littérature pour retraités... » et qu'irritent mes allers-retours incessants dans la Recherche, dont je sais qu'ils ne la liront jamais, le cliché est tellement plus pratique et confortable. Mais Bernard FRANK, allons donc, ce n'est pas sérieux, et pis encore, un livre sur Bernard FRANK ! Mais comme je les lisais, ces chroniques de l'Obs, souvent avec délectation, parfois avec irritation, mais toujours avec intérêt, que j'ai lu, sans beaucoup les aimer, deux de ses romans, et que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire Solde, ce sera ma façon, muette et inutile, de lui rendre hommage.
Présentation de l'éditeur :
En exergue de ce bref portrait de Bernard FRANK, disparu en novembre 2006, et dont j'ai récemment lu Solde, en attendant de poursuivre avec les divers recueils de ses chroniques, cette citation de Vladimir NABOKOV :
« Ce qu'il y a de meilleur dans la biographie d'un auteur, ce n'est pas le récit de ses aventures mais l'histoire de son style. »
FRANK, c'était sans conteste un style. C'est un peu bizarre de traiter d'un livre sur un auteur que peu de gens connaissent, dont l'œuvre est constituée principalement de chroniques (L'Express, Le Matin, Le Monde, Le Nouvel Observateur), outre quelques romans et essais, d'ailleurs difficiles à trouver, même en bibliothèque. Pour une fois, il n'est pas question de PROUST, se réjouiront tels de mes amis, qui me sont très chers (on le sait, l'amitié n'a pas de prix), membres du très large club des lecteurs « qui ont commencé, mais qui n'arrivent pas à poursuivre, c'est de la littérature pour retraités... » et qu'irritent mes allers-retours incessants dans la Recherche, dont je sais qu'ils ne la liront jamais, le cliché est tellement plus pratique et confortable. Mais Bernard FRANK, allons donc, ce n'est pas sérieux, et pis encore, un livre sur Bernard FRANK ! Mais comme je les lisais, ces chroniques de l'Obs, souvent avec délectation, parfois avec irritation, mais toujours avec intérêt, que j'ai lu, sans beaucoup les aimer, deux de ses romans, et que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire Solde, ce sera ma façon, muette et inutile, de lui rendre hommage.
Présentation de l'éditeur :
« Qu'il soit attablé dans un grand restaurant parisien, installé avec son whisky en Normandie chez l'inséparable Françoise Sagan, ou reclus dans la campagne varoise pour écrire auprès d'une belle anglaise, Bernard Frank tour à tour fascine, charme, agace voire exaspère. II suscite des jalousies littéraires, éveille des passions féminines, porte des jugements iconoclastes dans ses chroniques pour L'Express, Le Matin, Le Monde, Le Nouvel Observateur, un demi-siècle durant. Enfin et surtout, ce dilettante éclairé laisse une oeuvre inimitable de mémorialiste où perce son amour fou de la littérature et des femmes, " dans cet ordre ", comme il aime à le préciser, et où il assume avec une grâce égale à son ironie cette contradiction de la peur de mourir et de l'angoisse de vivre.
» Martine de Rabaudy prend, elle, le temps d'écouter Frank et ses amis, Florence Malraux, Claude Perdriel, Frédéric Vitoux, Jean-Paul Kauffmann, Eric Neuhoff ou Raphaël Sorin, pour brosser un portrait de l'homme personnel et généreux, débordant d'humour et de finesse ; un portrait d'écrivain. »
mercredi 24 novembre 2010
Bibliothèques de nuit
Thierry LAGET, Bibliothèques de nuit, L'un et l'autre, Gallimard, mai 2010 (83 pages).
Plutôt que de tenter de résumer ces beaux récits de Thierry LAGET, dans la très belle collection L'un et l'autre, dont je fais, justement, collection, j'ai pensé à vous en donner quelques phrases, avec l'espoir qu'elles vous donneront le goût d'accompagner les rêveries nocturnes et bibliophiles de l'auteur.
« L'enfance flotte en notre souvenir comme une abeille dans une larme d'ambre. Ses jours continuent de bourdonner dans les siècles, quoique désormais nous ne contemplions plus que leur vol pétrifié. » Les yeux au ciel
« Un jour, les archéologues découvriront l'art sur les boîtes de chocolat comme ils ont exhumé de Palmyre ou Ninive après des années de fouilles au désert, et ils tomberont à la renverse. » Hiver de chocolat
« On vieillit. La terre boit les jours qui débordent comme un verre de mousseux qu'on a versé trop vite...» Parques de Sceaux
« Un bateau s'est posé sur le lac : c'est un petit navire aigu, caparaçonné de fer, boutonné de rivets, portant un collier de hublots, deux ponts et une cheminée à peine plus haute qu'un carton à chapeaux. » Paysage de Dalécarlie
« La nuit, pour peu qu'on laisse la fenêtre ouverte, le parfum des fleurs d'oranger s'insinue dans les chambres... » Le songe de Polyphème
Plutôt que de tenter de résumer ces beaux récits de Thierry LAGET, dans la très belle collection L'un et l'autre, dont je fais, justement, collection, j'ai pensé à vous en donner quelques phrases, avec l'espoir qu'elles vous donneront le goût d'accompagner les rêveries nocturnes et bibliophiles de l'auteur.
« L'enfance flotte en notre souvenir comme une abeille dans une larme d'ambre. Ses jours continuent de bourdonner dans les siècles, quoique désormais nous ne contemplions plus que leur vol pétrifié. » Les yeux au ciel
« Un jour, les archéologues découvriront l'art sur les boîtes de chocolat comme ils ont exhumé de Palmyre ou Ninive après des années de fouilles au désert, et ils tomberont à la renverse. » Hiver de chocolat
« On vieillit. La terre boit les jours qui débordent comme un verre de mousseux qu'on a versé trop vite...» Parques de Sceaux
« Un bateau s'est posé sur le lac : c'est un petit navire aigu, caparaçonné de fer, boutonné de rivets, portant un collier de hublots, deux ponts et une cheminée à peine plus haute qu'un carton à chapeaux. » Paysage de Dalécarlie
« La nuit, pour peu qu'on laisse la fenêtre ouverte, le parfum des fleurs d'oranger s'insinue dans les chambres... » Le songe de Polyphème
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