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mardi 23 octobre 2007

Les Malveillantes

Paul-Éric BLANRUE, Les Malveillantes : Enquête sur le cas Jonathan Littell, Scali, Paris, 2006.

La réponse d'un historien, davantage qu'une analyse littéraire, au roman Les bienveillantes. Critique, certes, mais aide à mieux lire le texte de Littel, mettant ainsi ses points forts comme ses faiblesses.

Cet essai a confirmé mes appréhensions face au roman de Littell, mais il faut prendre garde de confondre oeuvre de fiction et Histoire. Voici la présentation qu'en fait l'éditeur :


Les Bienveillantes de Jonathan Littell est le livre-événement de la rentrée littéraire 2006. Prix Goncourt, le roman a partagé la critique en deux camps : ceux qui parlent de chef-d'oeuvre, de nouveau Guerre et Paix, et ceux qui évoquent la fascination du mal, un livre malsain, une imposture littéraire. Paul-Éric Blanrue, historien spécialisé dans les mystifications, reconstitue la vie énigmatique de Jonathan Littell. Il décrypte le contenu du livre - un véritable jeu intellectuel -, recense les erreurs et explique les raisons du triomphe.


mardi 18 septembre 2007

Écouté aujourd'hui

Dans le cadre de l'émission Répliques, avec Alain Finkielkraut, une entrevue avec Daniel Mendelsohn sur son livre Les disparus, chez Flammarion, qui devrait, un jour, arriver chez nous.

France Culture

Alain Finkielkraut, dans l'introduction de l'émission, explique ainsi son hésitation à lire ce livre, qu'on lui avait fortement suggéré :
« Pas encore remis de l'indigestion provoquée par la lecture des Bienveillantes, cette exploration touristique du mal, cette accumulation voyeuriste d'horreurs sans fin, cet entassement de morts atroces mais anonymes, et donc indifférentes, cette plongée dans les profondeurs pulsionnelles d'un bourreau de grand guignol... »
Je ne saurais mieux exprimer ce que j'ai pensé de ce monstrueux roman.

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samedi 7 juillet 2007

Les bienveillantes

J'ai été ces dernières heures fort occupé. Heures qui m'ont semblé des années. Pas occupation du genre loisir, mais comme la France, et quelques autres contrées, ont subie cinq ans durant.

En un mot, j'ai achevé la lecture des aventures du brave SS Oberstrumpbannführer Dr Max Aue. Laquelle m'a, en effet, achevé.

Neuf cent pages d'une longue confession qui se résumerait par un refrain populaire : Non, rien de rien, non je ne regrette rien. On pourrait alors s'étonner que ce pavé, à peine écrit pourtant, ait fait tant de vagues dans la mare littéraire française. La concurrence était-elle si faible ?

Pour moi, je conseillerais n'importe quel ouvrage historique sur la débâcle du Reich ou, pour les oisifs informatiques, une recherche sur Wikipedia plutôt que de s'infliger cette lecture. Le masochisme a des limites, et on prend conscience du temps perdu qui aurait été avantageusement consacré à la lecture de n'importe quoi d'autre, et même des romans de la demoiselle Bombardier, c'est dire.

Résumons tout de même pour le curieux : notre apprenti SS, qui prendra du galon en cours de route, se dévouera à mettre en oeuvre la solution finale, mais sous son angle pratique et, partant, selon lui, nullement antisémite : le juif est de trop, mais il peut néanmoins être vu comme une force de travail dont le Reich saurait tirer parti. Le juif et quelque autres, comme nous l'apprendrons à l'exposé, maintes fois répété, de sa philosophie. S'il y a de la besogne à abattre, autant que l'ouvrage soit bien faite.

Pour pimenter le récit, il y aura le récit de quelques aventures homosexuelles et incestueuses, et un semblant d'intrigue policière, l'intéressé ayant, au passage, occis mère et (beau) père, négligeant toutefois deux jumeaux dont il y a tout lieu de croire qu'ils sont de lui et de sa soeur. Beaucoup de tirades sexuellos-oniriques, un zeste de scato complétant la chose.

Le brave homme, je révèle ici -- sans regret aucun -- la conclusion : s'en tire, et de Berlin en ruines, en assassinant son meilleur ami et en dépouillant celui-ci de l'uniforme qu'il avait lui même pris à une de ses victimes. La guerre engendre les héros que l'auteur peut, « frères humains », c'est sa thèse, nous aurions tous fait pareil.

Un mot, quand même, sur le comment ; je ne comprends pas comment la critique n'a pas vu les ficelles qui animent les personnages fictifs, ceux-ci se mêlant à des personnages réels, ni les retournements et rebondissements cousus de fils blancs de l'intrigue, jamais je n'aurai vu tant de deus ex machina surgir, comme autant de pantin, de cette boîte.

Moi, je regrette profondément d'avoir lu ce livre, et m'en veux de n'avoir pas mis en pratique la leçon de Pierre Bayard (voir l'article qui lui est consacré) dans Comment parler des livres que l'on a pas lus ?

Jonathan LITTELL, Les bienveillantes, Gallimard, Paris, 2006 (907 pages).

lundi 2 juillet 2007

Irritation bis

Entendu à l'émission Répliques d'Alain Finkielkraut, sur France Culture, l'animateur s'interroger sur la valeur littéraire de Les bienveillantes. Et se poser la question suivante, à juste titre : certes le livre s'est vendu, et a été couronné de prix divers, mais est-il lu ?

Pour moi, je m'obstine à continuer la lecture, mais sais d'ores et déjà que, s'il s'agit d'un roman, ce n'est certes pas une oeuvre. M'est avis qu'il faudra attendre le prochain titre, lequel sera sans doute très médiatisé, las, au détriment de véritables auteurs, pour parler d'un premier roman...

Est-elle donc telle la fascination de la France, ou d'un certain milieu parisien, pour les États-Unis qu'elle en soit rendue à importer sa littérature d'outre-Atlantique ?

lundi 18 juin 2007

En cours


Jonathan LITTELL, Les bienveillantes, Gallimard, Paris, 2006 (907 pages).

Ce n'est pas sans hésitation que j'ai abordé ce week-end la lecture de ce roman, couronné du Goncourt l'automne dernier et véritable phénomène de l'édition en France. Il s'est beaucoup vendu, certes, mais s'est-il lu ? On sait aussi la controverse qui l'a entouré : fiction et Shoah sont-elle compatibles sans obscénité ?

D'entrée de jeu, le protagoniste (comment écrire héros ?) situe le cadre de la pensée -- de la rationalisation de sa vie. Puis l'horreur commence. Des amis m'ont dit que les deux cents premières pages sont les pires, qu'ensuite on s'habitue : peut-on décemment s'habituer à la description de l'horreur ? J'en suis à la page 158, et ne m'habitue pas.

Incipit :
Frères humains, laissez-moi vous raconter comment ça s'est passé. On n'est pas votre frère, rétorquerez-vous, et on ne veut pas le savoir. Et c'est bien vrai qu'il s'agit d'une sombre histoire, mais édifiante aussi, un véritable conte moral, je vous l'assure. Ça risque d'être un peu long, après tout il s'est passé beaucoup de choses, mais si ça se trouve vous n'êtes pas trop pressés, avec un peu de chance vous avez le temps. Et puis ça vous concerne : vous verrez bien que ça vous concerne. Ne pensez pas que je cherche à vous convaincre de quoi que ce soit ; après tout, vos opinions vous regardent. Si je me suis résolu à écrire, après toutes ces années, c'est pour mettre les choses au point pour moi-même, pas pour vous.
Lire quelques critiques sur le site Alapage :

Livre: LES BIENVEILLANTES, Jonathan Littell, BLANCHE