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vendredi 21 octobre 2011

Ménage

La DURAS entre dans la Pléiade et ma bibliothèque (de quelle figure de style s'agit-il là cher lecteur ?), j'en profite pour en extraire les anciennes éditions, que j'apporterai à la bouquinerie (les prendra-t-on seulement ?) : comme chantait BRASSENS « Place aux jeunes en quelque sorte. »

En sortira aussi La vie est brève et le désir sans fin de Patrick LAPEYRE, fort vanté l'an dernier, que je n'avais que médiocrement apprécié. Mais noté quelques passages dont celui-ci -- prémonitoire ? :
« Ils pourraient se séparer, mais ils continuent à vivre ensemble, sans doute parce que dans leur confusion émotionnelle ils ont besoin d'ordre -- même si chacun d'eux a son ordre à lui -- et qu'ils ne redoutent rien tant que de voir leur vie livrée au chaos et à la dispersion.
Aujourd'hui le compromis tient toujours.
Les couples -- le leur, en tout cas -- ressemblent souvent à des organisations incohérentes, alors qu'ils sont en réalité une alliance d'intérêts bien compris. »

mardi 21 décembre 2010

La vie est brève et le désir sans fin

Patrick LAPEYRE, La vie est brève et le désir sans fin, P.O.L., Paris, août 2010 (348 pages).

Ce n'est pas tant le désir qui m'a paru sans fin que le roman. Encensé par la critique, on parlait même d'un Jules et Jim contemporain -- ce qui n'a pas manqué d'attirer mon attendtion--, distingué par le prix Femina et publié chez un « bon » éditeur : ce roman, comment aurais-je pu ne pas me le procurer ? D'autant plus que longue était la liste d'attente à la bibliothèque.

Bien sûr, il y a Manon Lescaut, le livre et l'opéra, comme l'explique l'auteur dans le vidéo; certes la phrase est vive, la construction et le traitement des dialogues audacieux et le style, marqué d'ellipses, donne dans le moderne (pour ne pas dire le jeune). Et pourtant, la référence au roman de Pierre-Henri ROCHÉ et au film de TRUFFAUT et une allusion aux Nuits de la pleine lune de mon cher ROHMER n'y ont rien changé : ce roman de « casuistique conjugale » m'a agacé et, pis, ennuyé.

Nora revient à Paris et dans la vie de Louis, puis elle retourne à Londres dans celle de Murphy. Et encore, et toujours. On remet cela, on déprime, on remet cela encore une fois jusqu'à la conclusion quantique où cela aurait tout aussi bien pu ne pas arriver, ou arriver simultanément, un peu comme dans l'expérience du chat de Schrödinger.

Quelques personnages secondaires dont on se demande ce qu'ils font là (ils semblent se le demander eux-même) : les parents de Louis : s'agit-il de prouver que dans le couple tout est perdu, souvent à cause de la femme ? Les collègues de Murphy, trader à Londres, bientôt réexpédié aux États-Unis sont la preuve de l'inflexibilité des lois du marché et de la cruauté du libéralisme. Même le personnage gay semble incapable de « s'encoupler ».

Ce n'est pas tous les auteurs qui ont le sens de l'onomastique pour leurs personnages, et en l'espèce LAPEYRE n'est pas MODIANO : Blomdale, Laumett, Dill, Meellow...

Étant, je l'avoue grammaticalement vieux jeu, je ne cesse de déplorer des phrases comme celles-ci :
« Il [Murphy] s'est contenté de la regarder pencher la tête en chipant des cerises dans un plat en grès blanc posé sur la table du jardin. » Où le participe se rapporte au sujet « il » du verbe et non au complément « la », ce qui n'est pas l'intention de l'auteur. On ne se refait pas, et je traîne mon passé de rédacteur de lois...

Alors que le Jules et Jim se concluait sur un « ni sans toi, ni avec toi », le roman de LAPEYRE semble, toujours le chat de Schrödinger, se conclure, au choix, sur un simultané « et avec Louis, et avec Murphy » ou sur un « ni avec l'un, ni avec l'autre » ou bien « ... il est probable aussi qu'il y a une infinité d'univers où ni l'un ni l'autre n'ont jamais existé. »

Pour moi, j'en arrive à souhaiter qu'il existe un univers où je n'aurais pas lu ce roman.

mercredi 8 décembre 2010

En cours

Patrick LAPEYRE, La vie est brève et le désir sans fin, P.O.L., Paris, août 2010 (348 pages).
Philip ROTH, Indignation, traduit de l'anglais (É.U.) par Marie-Claire PASQUIER (Indignation), Du monde entier - Gallimard, Paris, septembre 2010 (195 pages).

Attiré par un sujet à la Jules et Jim, je m'étais procuré ce roman dès son arrivée chez mon libraire, ce qui fait que, contrairement à mon habitude, je lirai un « prix littéraire », en l'occurrence, le Femina. Ce n'est pas un style que, de prime abord, m'attire beaucoup, mais, après une cinquantaine de pages, je commence à m'attacher à l'histoire.

Entretemps, arrive de la bibliothèque le roman de ROTH; trois petites semaines devraient suffire, mais c'est sans compter sur la frénésie de vous savez quoi et autres falala-la-la. Je mets donc de côté le LAPEYRE et me lance dans cette Indignation. On n'est plus du tout dans la veine « vieillard décrépit et malade » dont Exit le fantôme était le plus récent exemple, mais dans une sorte de roman initiatique et identitaire. Les années cinquante, mais sans le glamour Man Men. Cela dit après à peine la même petite cinquantaine de pages.

Patience lecteur, j'y reviendrai.

Présentation des éditeurs :
« La vie est brève et le désir sans fin est un livre sur les affres de l’amour, vues du point de vue masculin. Il met en scène deux hommes, l’un marié, à Paris, l’autre pas, à Londres, tous les deux amoureux de la même femme, assez énigmatique, et qui va de l’un à l’autre. Il y a celui qui hésite, et celui qui attend, tous les deux souffrent. Comment choisir ? Qui choisir ? Ce roman est l’histoire d’une inépuisable et inéluctable souffrance amoureuse plus forte que tout. Et elle est racontée de l’inimitable manière qu’à Patrick Lapeyre de la vie comme elle ne va pas. Petites touches d’une acuité et d’une intelligence qui laissent confondu. Evénements apparemment anodins qui ne le sont en fait pas du tout. Poétique de la métaphore, métaphores tellement inattendues et qui sont en réalité rien moins, une à une et peu à peu, qu’une pensée du monde. Humour profondément lucide et humain, généreux. D’où vient, lisant ce livre d’une insondable mélancolie que l’on ne puisse faire autrement que sourire, constamment sourire. Peut-être du bonheur d’avoir été reconnu ? »


« Nous sommes en 1951, seconde année de la guerre de Corée. Marcus Messner, jeune homme de dix-neuf ans, intense et sérieux, d'origine juive, poursuit ses études au Winesburg College, dans le fin fond de l'Ohio. Il a quitté l'école de Newark, dans le New Jersey, où habite sa famille. Il espère par ce changement échapper à la domination de son père, boucher de sa profession, un homme honnête et travailleur, mais qui est depuis quelque temps la proie d'une véritable paranoïa au sujet de son fils bien-aimé. Fierté et amour, telles sont les sources de cette peur panique. Marcus, en s'éloignant de ses parents, va tenter sa chance dans une Amérique encore inconnue de lui, pleine d'embûches, de difficultés et de surprises.
» Indignation, le vingt-neuvième livre de Philip Roth, propose une forme de roman d'apprentissage : c'est une histoire d'audace et de folie, d'erreurs et de tâtonnements, de résistances et de révélations, tant sur le plan sexuel qu'intellectuel. Renonçant à sa description minutieuse de la vieillesse et de son cortège de maux, Philip Roth poursuit avec l'énergie habituelle son analyse de l'histoire de l'Amérique - celle des années cinquante, des tabous et des frustrations sexuelles - et de son impact sur la vie d'un homme jeune, isolé, vulnérable. »