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samedi 13 avril 2013

Digressions I : De Venetia bombardata

Robert LÉVESQUE, Digressions, Papiers collés - Boréal, Montréal, avril 2013 (184 pages); également sous format ePub ou PDF.

« Comment commence-t-on un livre ? » est l'incipit du nouvel opus de Robert Lévesque -- que je savoure déjà. Pour ce qui est de la réponse de l'auteur, le premier chapitre, qui porte notamment sur le vilain Docteur Destouches, nous donne quelques pistes; pour ce qui est de celle du lecteur, je vous dévoilerai bien un jour comment je procède, mais pour l'heure, et pour vous donner une idée du style, et du ton, dont je m'éjouis, en voici un extrait, grâce auquel j'ai appris que c'est à Yves Navarre que l'on doit la création du suavissime sobriquet de la dame de Très Grande Vertu du J. de M. : « Venise Bombardée », que j'avais, ignorantissimus, attribué à Pierre Foglia de La Presse. L'auteur narre tel de ses cauchemars :
« ...ou bien je ne retrouve pas la porte, la seule qui me permettrait de m’évader d’un lancement où je viens de voir arriver une pisseuse à cornette, un huissier à carnet et un squelette en baskets qui se fusionnent en une seule identité absolument répugnante et dont la voix de harengère de plus de cinquante ans éclate et monte en vrille alors que je la reconnais : c’est celle qu’Yves Navarre dans son carnet du Devoir, un jour d’inspiration, appela Venise Bombardée… Née dans l’eau bénite… (Je trouve la vie bonne quand, bien éveillé un matin de mai 2012, je lis le brillant Éric Chevillard, l’auteur de Scalps et de Démolir Nisard, qui, dans sa chronique du Monde, s’amuse gaiement et avec une exquise méchanceté de la plumitive de L’Anglais, du phrasé cucul de son vécu non cuvé… ; une affaire, écrit-il à propos de ce babil de triple divorcée ayant trouvé mari à Dublin [« cet homme désarçonnant qui m’attachait à lui », écrit-elle ; il la cite], dont la littérature, il faut la comprendre, a choisi de ne pas se mêler.) »
Ne vous privez pas de lire in extenso la critique d'Éric Chevillard dans Le Monde du 17 février dernier et reproduite dans mon article Citation de la même date.

Je vous laisse, en réponse à l'incipit de l'auteur, sur la question : « Comment finit-on un livre ? ». Pour celui-ci, ça ne saurait tarder...

jeudi 22 mars 2012

Philosopher avec Rohmer

Comme plusieurs, sans doute, je ne suis pas venu facilement au cinéma d'Éric Rohmer. J'entends encore et toujours les sarcasmes de tels de mes amis de collège pour qui Ma nuit chez Maude constituait, avec L'année dernière à Marienbad, le sommet de ce qui est insupportable dans le cinéma français des années soixante, voire du cinéma en son entier depuis ses débuts. Et constitue toujours. Nous étions adolescents, et bien sots, je crois. Puis j'ai eu la chance de tomber sur un groupe de cinéphiles qui, chose fort utile en l'espèce, m'ont ouvert les yeux sur le cinéma. Ce fut alors Le genou de Claire (un des tout premiers films de Fabrice Luchini).

C'est donc avec beaucoup de plaisir que j'écoute cette semaine la série que Les nouveux chemins de la connaissance consacre à Rohmer.







lundi 6 juillet 2009

Remontant l'allée des souvenirs

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On me pardonnera la facilité du titre, traduction de l'anglais. Le second verre de touraine et le film que je regarde y sont pour quelque chose. Alice, de Woody ALLEN. 1990 !

J'ai vu, samedi, son plus récent, le cru 2009, Whatever Works; s'il est vrai, comme l'affirme le critique britannique Mark KERMODE qu'ALLEN refait toujours le même film, celui-ci est un fantôme de son oeuvre précédente; c'est à peine s'il peut retenir de véritables comédiens : Larry DAVID est, pour lui, un comedian, une des créateurs de la série Seinfeld. Peut-il seulement jouer ? Quoiqu'il en soit, un ALLEN est toujours agréable à regarder, on y rigole un peu. Et je continue de me faire ma rétrospective. Ce soir, donc, Alice (je suis entre les deux côtés du Laserdisc : pour les jeunes générations, le film était réparti sur les deux côtés d'un disque, un peu comme les oeuvres musicales sur les deux faces d'un 33 tours...). Quelle finesse : le cinéma est magique, et avec ALLEN il est magie.

J'y retourne.